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Maurice Séguin : historien oublié ou ignoré ?Par rapport à la société québécoise, cette conception de la nation a entraîné un questionnement sur l'histoire du Canada qu'aucun de ses prédécesseurs n'avait pu voir et que peu de ses successeurs n'ont compris ou pu comprendre et que beaucoup d'autres s'obstinent opiniâtrement à récuser. Maurice Séguin peut bien être relégué aux oubliettes avec ses collègues Brunet et Frégault. On peut même supprimer le nom de Séguin dans le titre d'un prix Séguin-Brunet, par exemple. Après tout, on se dit : « Ils ont fait leur temps. « C'est du connu, du dépassé. » « La diffusion du message a fait son temps. » N'est-il pas l'heure de passer à autre chose ? Au surplus, pense-t-on, leurs contributions à l'histoire canadienne n'étant pas suffisamment considérables en terme de publications, ne pourrions-nous pas les ignorer tout simplement [4] ? Et pourquoi pas une nouvelle histoire : de l'américanité, de la culture québécoise, de l'histoire sociale, de l'histoire urbaine, de l'histoire des femmes, de l'histoire quantitative ou de l'histoire comparative, peut-être de l'histoire politique renouvelée. Enfin, les nouveaux historiens seraient libérés du discours pessimiste d'historiens plus préoccupés de dénigrer la nation que de l'exalter ou de la défendre, plus préoccupés du collectif que de l'individuel, plus préoccupés par les chicanes que par l'harmonie ou la bonne entente et, enfin, plus ethnique que civique ! Bruno Deshaies, info@rond-point.qc.ca |