Rond-Point

Histoire Histoire du Québec (1760 à nos jours) Les bourses du millénaire (1998)

Le Canada, le Québec et l'Empire 1867-1960

II.- L'UNION FÉDÉRALE DE 1867

3. Caractéristiques

Ramené à l'essentiel, l'union fédérale de 1867 se résume de la façon suivante.

Le gouvernement central « national » exerce ses pouvoirs sur :

Il a priorité sur :

Le gouvernement local exerce sa juridiction sur :

Il contrôle conjointement avec le gouvernement central :

Il a plein pouvoir sur :

et il a le pouvoir :

Voir: Article 91 des Statuts du Canada de 1867.

4. Constat

Remarquons d'abord que le peuple majoritaire, le Canada-Anglais, domine le peuple minoritaire, le Canada-Français, au plan local et tous les aspects de la réalité sociale au Québec, que chaque juridiction du Canada-Français est contrebalancée par une juridiction supérieure du Canada-Anglais. C'est une première forme de l'infériorité des Canadiens-Français, forme d'infériorité qu'on ne signale habituellement pas quand on décrit la situation du Canada-Français.

Remarquons ensuite que le peuple majoritaire, le Canada-Anglais, exerce son emprise majoritaire à la fois sur une réalité locale (d'ailleurs plus considérable que la réalité locale canadienne-française) et sur la vie générale « au palier » fédéral ou central ou « national ». En outre, il jouit de la pleine souveraineté.

5. Le partage des pouvoirs

D'où il résulte que le peuple majoritaire, le Canada-Anglais, maîtrise et met à son service non seulement :

Il a de plus la priorité :

Enfin, dans les provinces où la collectivité de langue anglaise est majoritaire (c'est-à-dire, de nos jours, dans neuf provinces sur dix) ; il a autorité sur :

Ainsi, le Canada-Anglais majoritaire est doté de tous les pouvoirs que ce soit à l'échelon « national » ou à l'échelon local.

Pour sa part, le bloc canadien-français, minoritaire dans le Dominion of Canada, mais majoritaire dans la province de Québec, exerce son emprise majoritaire sur :

Bref, un peu de tout, (excepté le pouvoir d'entretenir une armée, d'émettre de la monnaie). On ne saurait donc parler de souveraineté.


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