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L'étude et l'action diffèrent. Il faut reconnaître pour l'action les exigences de la tactique. [...] Mais si l'étude historique débouche sur l'irréparable, irréparable = non réparé dans le passé jusqu'à nos jours , qu'elle aboutit à une impasse ou qu'elle arrive à des conclusions que l'on qualifierait de pessimistes et de sombres, doit-on se taire? [...]
Si entretenir des illusions, si taire des difficultés, si escamoter des déficiences peuvent paraître faciliter l'action immédiate, à longue échéance, la vérité même pénible à voir se révélera plus profitable aux hommes d'action pour élaborer la stratégie globale et organiser les forces de la collectivité.
En présence d'une perte irréparable (ou non réparée) ou en présence d'un obstacle insurmontable (ou non surmonté), être de bonne foi dans l'igno-rance ou ce qui est plus grave refuser de voir clair, c'est d'abord, pour l'homme d'action soit par ignorance des facteurs, des pressions qui limitent et paralysent se mettre dans l'impossibilité de comprendre d'une manière réaliste la situation actuelle [...].
Pour préparer l'action lointaine, par contre, si le non réparé ou l'insurmonté s'avérait, un jour, pour l'homme d'action, réparable et surmontable après avoir exactement mesuré quels ont été, à tel moment dans le passé, les obstacles, les limites, les échecs en ce cas, la vérité aide à préparer les transformations que l'on veut obtenir plus tard...
[...] L'élite d'une collectivité se doit de savoir l'entière vérité, l'exacte situation, sans ménagement, sans emphase, sans sous-entendu trompeur. […]
[...] La lucidité sur le passé et le présent peut être source d'évolution planifiée ou de révolution... Tranquille ou non.
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