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Cette étape de la méthodologie de la recherche [chap. xiii : «Analyser et interpréter les données»] exige un effort prodigieux de réflexion en présence des faits; mais il est également important de penser aux méthodes et aux moyens servant à traiter les faits. Aucune intelligence, aussi brillante soit-elle, ne peut servir infailliblement à découvrir les zones obscures des données non décomposées et non analysées. Par contre, une analyse méthodique des données pourra faire apparaître des suggestions quant à leurs significations qui pourront servir de base aux inférences et partant montrer l'évidence. Comme il a été dit précédemment, les inférences mènent à construire les idées; les idées sont reliées dans leurs conceptions, et les conceptions conduisent à des définitions qui, à leur tour, sont transformées en abstractions et en généralisations. Cet exposé, exprimé sans trop de nuances, est présenté dans le but de mettre en évidence l'importance pour le chercheur de devenir attentif à son propre processus cognitif ou conscient de celui-ci durant cette étape de la recherche, contrairement à l'idée voulant qu'on supprime du processus de recherche toutes les formes d'expression de la réflexion méditative. La pensée réflexive, le rêve diurne, la rêverie, le raisonnement a priori, autrement appelé la déduction ou la formulation d'hypothèses — toutes ces façons de penser souvent décrites «comme faisant usage de l'imagination» — ont une place utile en recherche, car sans cela la recherche manque des qualités essentielles des idées originales. Mais toutes ces dispositions de la pensée doivent être soumises aux exigences de la manipulation, de l'analyse et de l'interprétation des données.
Sans des vérifications et des tests appropriés, l'«usage de l'imagination» peut devenir désespérément détaché du problème et des faits et peut conduire ainsi à des illusions personnelles ou à des «projets chimériques».
SOMMAIRE :
(*) L'astronomie offre des exemples illustres de ce phénomène de la pensée (cf. le texte no 7.4, voir note ci-dessous).
NOTE : Le texte no 7.4 : « Science, société et théorie » se retrouve dans Bruno Deshaies, Méthodologie de la recherche en sciences humaines, Laval, Beauchemin, 1992, aux pages 249 à 251. Il s'agit d'un extrait du livre d'Ivar Ekland, Le Calcul, l'Imprévu, Les figures du temps de Kepler à Thom, Coll. "Science ouverte", Paris, Seuil, 1984.
MESSAGE AUX INTERNAUTES : Le texte de W. C. Schluter (1929) que nous avons libellé « Le réel. le symbolique et l'imaginaire » se trouve dans Bruno Deshaies, Méthodologie de la recherche en sciences humaines, Laval, Beauchemin, 1992, aux pages 339 à 340.
| SOURCE : | Extrait de W. C. Schluter, How to do Research Work, New York, Prentice-Hall, 1929, p. 104-105. |