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L'affrontement de deux nationalismes au sein d'un même État: des compromis possibles ou une situation intenable ?

Les affrontements nationaux dans l'histoire
Un exemple : le cas canadien


Bruno Deshaies, D. ès L. (histoire)
Conférencier
Photographe: Pierre Laterrière



Louis O'Neill, présentateur


Charles A. Moreau, commentateur


André Gaulin, commentateur


Le groupe du séminaire


André Gaulin au tableau

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Société nationale des Québécois et des Québécoises de la Capitale
Université Laval
Pavillon de Koninck, salle 1260
23 janvier 2000
10 h 00 à 12 h 00

Par Bruno Deshaies - historien

À une émission de la série " Chasseurs d'idées " diffusée par Téléquébec, le 12 novembre 1998, la question était : " Quel avenir pour quel Canada ? " Dans le générique de l'émission, on nous apprend que " le Canada est un pays en perpétuelle redéfinition, un work in progress. Le Canada, c'est d'abord un débat sur l'identité du Canada. "

À l'occasion de cette même émission, on mentionne " le constat des échecs constitutionnels des vingt dernières années " pour, surtout, se poser quelques questions du genre : que reste-t-il du Canada ? Est-il voué à l'éclatement ? La métaphore des frères siamois est-elle suffisante pour décrire la complexité de ce pays ? Et cette complexité, peut-elle devenir un jour une force ?

C'est sûrement une affaire à suivre...,

Le style est là. Tout y passe : le Canada est un pays, un pays au bord de l'éclatement, le pays des frères siamois, un pays où la complexité est une force, et bla, bla, bla. Ce sac d'embrouilles, on nous le présente sur toutes les chaînes de radios et de télévisions. Inoffensif, pense-t-on.

Pourtant, ce discours presque neutre distille une conception du pays, le Canada. Ce pays, nous rappelle-t-on à tout bout de champ, est une expérience, un work in progress, une société en perpétuelle redéfinition, etc. Qui oserait briser cette entreprise noble et colossale dans le monde où ce pays passe pour être le plus tolérant, le plus juste, le plus équitable, le plus ouvert, le plus humanitaire, etc. ? Une image d'Épinal ! De nombreux Québécois-Canadiens y croient dur comme fer.

À la lumière de cette idéologie, le Québec est évanescent. Il est une partie du grand tout ; il sert le grand tout ; il est une petite locomotive par rapport à la grosse locomotive canadian ; il est un sous-produit du système canadien dont les élites et surtout une bonne fraction de la population du Québec Français ont de la difficulté à se défaire de l'étreinte. Bref, le Québec est toléré bien qu'il soit quand même placé sous haute surveillance par le pouvoir dominant canadien-anglais. L'indice d'inflammabilité du Québec Français est jugé élevé.

Le Canada-Anglais est en état d'alerte 24 heures sur 24. Il n'y a aucun doute que les offensives du Canada et du gouvernement fédéral vont se multiplier au cours des prochains mois, des prochaines années, jusqu'au jour où le Québec accepte son annexion complète. Incontestablement, le Canada pratique une défense de sa souveraineté interne par l'adoption perspicace d'une Realpolitik. Le Canada ne fait pas de romantisme bien qu'il nous serine des chansons de frères siamois. Beaucoup de Québécois croient à ces balivernes. En quelque sorte, c'est une invention pour faire accepter aux Québécois, dans la résignation, leur annexion pour toujours.

Afin de comprendre cette situation, nous débutons par trois aveux:




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